Musicothérapie
Autisme et troubles envahissants
du développement (5)

Journal des interventions du premier trimestre
auprès de Stanislas
Autisme et TED (5)
Exemple d'intervention

Pour toute intervention en musicothérapie, je tiens un journal, qui me permet d'établir un bilan de façon périodique, et d'échanger avec l'équipe éducative et la famille.

J'ai choisi de présenter ici le journal du premier trimestre d'intervention auprès de Stanislas, autiste profond, bien mal-en-point au début de la musicothérapie.
Mon action a commencé en partenariat avec son éducateur, pour des raisons de sécurité évidentes, et afin de mettre en place des objectifs communs, de façon à permettre à Stanislas de sortir du mal-être tenace qui l'habitait à cette époque.
Aujourd'hui, Stanislas a fait d'énormes progrès, mes interventions ne requièrent plus la présence de son éducateur, et nous travaillons actuellement à son intégration progressive dans une structure collective.

Stanislas
Stanislas est un grand gaillard de 1m85 pour 120 Kg. Non verbal. Sa régression à commencé après l’âge de deux ans, il a perdu la propreté, la parole et la sociabilité. Le regard est fuyant, le désir de communication totalement absent. Il est sujet à des actes de violence, ne peut pas être mis sans danger au contact d’autres enfants. Use d’une stéréotypie avec l’herbe ou la poussière.

Organisation des séances
• Séances hebdomadaires : le mardi matin à neuf heures trente, soit quatorze séances à ce jour.

• Lieu : à domicile, dans une grande pièce au fond du jardin, comportant une scène (le père de Stanislas est comédien) un canapé, un fauteuil et deux autres sièges en vis-à -vis. Présence d’un oiseau en cage qui chante par moments.

• Instruments utilisés : contrebasse (instrument principal), petites percussions (bongos et tous éléments sonores de la pièce), voix.

• Durée des interventions : une heure environ.

• Précédent en musicothérapie : aucun.

• Personnes assistant aux séances : Jacky , éducateur en charge de Stanislas, présent à toutes les séances.

• Complément relationnel : promenade à pied d’une heure avec Stanislas et Jacky, après chaque séance.

• Déroulement de la séance : Stanislas et Jacky viennent me rejoindre dans la pièce au fond du jardin, je les salue, accorde l’instrument, prépare mon archet, Stanislas s'assoit, et je commence à jouer. Jacky n’intervient qu’en cas de besoin. En fin de séance, j’annonce à Stanislas que c’est terminé, je range mon instrument dans sa housse, je le charge dans mon véhicule garé dehors pendant que Stanislas s’habille, et nous partons tous les trois pour la promenade.

• Contenu musical et modes de jeu utilisés : jeu pizz et arco (doigts et archet), petites percussions digitales, chant accompagné des percussions ou de la contrebasse.
Tout est improvisé en fonction des réactions que je veux faire naître chez Stanislas, du rythme de sa stéréotypie lorsqu’il l’exprime, de son humeur, de ses réactions à la musique.

Journal des interventions
• Première rencontre avec ses parents et son éducateur Jacky K.
J’explique ma méthode d’intervention à l’équipe, un rendez-vous est fixé avec Stanislas. Les interventions se déroulerons en présence de son éducateur, pour éviter les agressions envers mon instrument (je n’ai pas encore reçu ma contrebasse en carbone). De plus, je pense que cette présence est souhaitable, dans la cas de Stanislas.

• Première rencontre avec Stanislas.
Sans la contrebasse pour le premier contact, dans la pièce au fond du jardin destinée à ces séances.
Stan est assis sur le sol, tape le plancher, récupère de la poussière par de rapides gestes circulaires, la fait couler sur sa cuisse, la chasse et recommence. Je me rends compte de suite qu’il y a une boucle rythmique précise dans ce geste. Boucle assez longue, poly-rythmique, mais mesurable. Je reprends cette boucle en faisant de petites percussions sur le sol avec les doigts, (première partie de la boucle) un geste large et circulaire du bras gauche, et une émission vocale accompagnant la fin de la boucle.
Improvisation totale en rapport avec sa stéréotypie. Cela fonctionne de suite, Stan me lance un regard beau et franc, ébauche un sourire.
Puis, il se lève et part d’un coup dans le jardin. Rattrapé par Jacky, il rentre, s’assoit à nouveau, puis participe à nouveau, se met à vocaliser, doucement au début, puis fort en écoutant sa voix la main reliant son oreille à sa bouche.
conclusion :
Très bon premier contact, bon accueil et la participation immédiate.

• Première séance.
Nous nous dirigeons tous les trois vers la pièce au fond du jardin. Je déballe la contrebasse en présence de Stan, je fais barrage afin qu’il ne touche pas l’instrument, tout se passe bien. Stan va s'asseoir.
Je commence à jouer aussitôt, pizz et arco, Stan manifeste un intérêt immédiat. Je sens des moments où il décroche, d’autres où il manifeste une curiosité soudaine, comme si je venais d'arriver. J’essaie plusieurs modes de jeux, j’alterne contrebasse, percussions sur les objets environnants, chant seul, avec percussions et instrument.
Je suis assis à un moment avec une paire de bongos qui se trouvaient dans la pièce, Stan se précipite sur moi et pèse de tout son poids sur mes avant-bras, rapproche sa bouche de mon crâne, est arrêté par l’interdiction vocale de Jacky, qui se méfie de son attitude, ne sachant pas si l’intention finale était un baiser ou une morsure. Je n’ai pas senti d’agressivité de la part de Stan, mais je ne le connais pas assez bien pour juger.
La séance a semblé lui plaire, Jacky me dit avoir été surpris par le son, les vibrations de la contrebasse, et semble satisfait de l’impact sur Stanislas.
Je fais la promenade bihebdomadaire de Stan avec Jacky, j’apprends à mieux connaître Stan.

• Deuxième séance.
C’est le père de Stanislas qui m’ouvre. Je suis en place dans la pièce lorsque Stan et Jacky entrent.
Je serre la main de Stan, regard fuyant, il se dirige vers la contrebasse posée à terre, je l'empêche de trop s’approcher, il n’insiste pas. (Il me tarde de recevoir mon nouvel instrument en carbone).
Il va s'asseoir et je commence de suite par la tonalité de Sol mineur, qui est l’un de mes premiers tests, étant donné le caractère émotionnel de cette tonalité.
Sourire et beau regard dès les premières notes. Je délaisse un peu l’observation pour jouer plus intensément que la première fois. Comme souvent dans ce ton là, apaisement et bien-être apparaissent.
Dès les premières modulations, Stan se lève et va s'asseoir à un autre endroit près de la porte. A t-il eu du mal à supporter le changement de climat ? Je me déplace, je recommence à jouer, en pentatonique, il semble recoller à la musique. J’essaie ensuite des bruitages, des harmoniques sur la contrebasse, les percussions et la voix, cela semble lui plaire, mais sa participation vocale est très discrète, intérieure. Peut-être le climat de cette séance.
Après la séance, je fais la promenade avec Stan et Jacky.

• Troisième séance.
A mon arrivée, Stan est en train de prendre son petit déjeuner avec Jacky. En ce moment, son rapport à la nourriture s’est détérioré. Ces tendances boulimiques ont augmentées. Il a récemment agressé son auxiliaire de vie.
Nous allons dans la pièce à musique, Stan s’approche de la contrebasse, je suis obligé de faire barrage. Il va s'asseoir. Je joue, son attention est fuyante, il part plusieurs fois, il veut continuer à manger.
Les percussions l’attirent un moment mais la séance est décousue, aujourd’hui, il n’a pas très envie.
Après la séance, je fais la promenade avec Stan et Jacky.

• Quatrième séance.
Je commence la séance par un morceau au tempo médium, tonalité de Fa# mixolydien. Je sais de suite que j’ai tapé juste. Réaction vive de Stanislas qui vocifère, se mord le poignet... Je sens un remue-ménage intérieur important. Pour la première fois Stan participe rythmiquement, et de façon très construite. Il a parfaitement intégré le tempo, et place des accents rythmiques à la manière d’un batteur. La musique l’interpelle, lui fait mal car elle remue quelque chose en lui qu’il voudrait immuable. Mais tout n’est pas négatif. Ça fait aussi du bien là où ça fait mal. Jacky doit intervenir, le calmer, le faire entrer à nouveau lorsqu’il sort de la pièce, tout cela est intense.
Au retour de Stan, je chante une mélodie dans le mode des indiens d’Amérique dont Stan possède des racines. Je m’accompagne aux bongos, petites percussions digitales douces et précises. Stan se calme, puis entre complètement dans ce climat. Je termine decrescendo, Zen.
Je dis à Stan : “un peu difficile aujourd’hui, mais c’était bien tout de même ?”
Il acquiesce d’un mouvement de tête, et je suis remercié par un bref, mais beau et franc regard de ses yeux d’un marron superbe, regard que je ne lui ai vu que deux fois. Pendant ce court instant, toute sa physionomie est transformée, c’est impressionnant.
Après la séance, je fais la promenade avec Stan et Jacky.

• Cinquième séance.
Petite séance d’une demie heure, Stan doit aller ensuite à la piscine.
Stan et Jacky m’attendent dans la pièce à musique. Stan est nerveux.
Stan a repris du pouvoir dans la maison, et veut faire les choses à sa manière. C’est un autiste, mais c’est aussi un adolescent...
Son attention est fuyante, parfois très concentré, parfois indifférent. Il participe néanmoins vocalement et rythmiquement, et toujours de façon très construite. Indéniablement, il possède un très bon sens de la musique. L’expression peut paraître particulière, elle est tout de même d’une grande précision.
La séance est abrégée pour cause de piscine.
Nous partons tous les trois à la piscine. Stan ne veut visiblement pas y aller, il acceptera de se rendre jusqu’à la piscine, mais refusera d’y entrer avec force, nous allons donc nous promener. Pour la première fois, il ne m’ignore pas durant la promenade, au contraire, c’est moi qu’il tire par la manche pour aller où il a envie, ça y est, je fais partie intégrante de son entourage.

• Septième séance.
La séance de la semaine dernière n’a pas eu lieu, Jacky étant en vacances.
Je reprends donc cette séance après une semaine où personne n’est intervenu auprès de Stanislas.
Je commence la séance pianissimo, (3° mi de la contrebasse), et fait une montée en volume très progressive, en plusieurs minutes.
Une fois la nuance mezzo forte installée ainsi que la pulsation, Stan accompagne la musique avec ses épaules (il est assis par terre) puis avec tout son corps.
Son attention et sa participation corporelle sont exceptionnelles durant toute la séance.
La réponse aux stimuli sonores est impressionnante.
Jacky et moi sommes surpris par la densité de la réaction de Stan.
Je fais la promenade avec Jacky et Stan comme d’habitude.

• Huitième séance.
Nous sommes jeudi. Mardi était férié, donc la séance est reportée, Jacky étant absent.
Manque de suivi de Stan dans la semaine. Tous ces changements le perturbent fortement. Je le sens très instable.
Son attention est moins vive et moins longue. La séance durera 3/4 d’heure. Jacky trouve la séance utile, moi aussi, mais je me suis cherché beaucoup plus aujourd’hui. Conséquence de l’instabilité de Stan.
A la promenade après la séance, Stan me donne 3 coups de poing sur l’épaule, se frappe la tête régulièrement, mais finit par m’embrasser lorsque je m’en vais.
Tout est résumé par cette attitude.

• Neuvième séance.
Première séance avec ma contrebasse en carbone. Cet instrument bien moins fragile va me permettre d’essayer d’établir un contact tactile entre Stan et l’instrument.
Que comprend Stan du monde qui l’entoure ? Même si cela demeurera toujours un mystère, je suis persuadé qu’il intègre beaucoup plus de subtilités qu’il n’y parait. Exemple avec l’arrivée de ce nouvel instrument. Jacky et moi, avions posé l’interdit, pour des raisons évidentes de fragilité, lorsque Stan voulait saisir violemment ma contrebasse. Depuis plusieurs séances, il se tenait à distance, et n’essayait plus de s’en emparer. Je lui avais indiqué à deux reprises par le passé, qu’un jour j’aurais une contrebasse moins fragile qu’il pourrait toucher. Dès que je lui ai montré mon nouvel instrument, il s’est aussitôt précipité pour le toucher, tirer sur les cordes, frapper sur la caisse. Il a changé sa distance avec l’instrument, venant écouter au pied de la contrebasse...
Alexandre, un bénévole est venu assister à la séance. Bien qu’il se soit fait discret, Stan perturbé par ce nouvel arrivant semble moins concentré, tout du moins son attention se relâche plus facilement. En fin de séance, J’use de mon “arme de relaxation et de détente”, la tonalité de Sol mineur avec jeu à l’archet, qui jusqu’a présent apaise Stan. Le résultat est probant.
Stan, depuis deux séances, ne laisse plus libre court à sa stéréotypie durant les interventions, sachant que j’utilise la rythmicité de son geste pour la traduire en musique. Que la communication est difficile pour lui !
A la fin de notre promenade hebdomadaire, je lui dis que je reviens la semaine prochaine, il acquiesce avec enthousiasme. Il a besoin du partage, mais ce partage lui fait mal.
J’ai indiqué à Jacky mon intention d’enregistrer un CD pour faire travailler Stan sur la reconnaissance auditive à l’aide de pictogrammes (jeu pizz, arco etc...) Ces pictogrammes serviront aussi à ritualiser les débuts et fin de séances. Nous allons prendre des photos et décider ensemble quelles images associer aux différentes actions.

• Dixième séance
Lorsque j’arrive, Stan et Jacky sont dans la pièce à musique.
Stan me tend le pictogramme de la musique, une photo de moi en train de jouer de la contrebasse faite par Jacky. C’est le nouveau rituel qui doit marquer la séance ; je le lui rendrai lorsque nous aurons terminé.
Dès le début, Stan saisi la contrebasse, la serre contre lui comme pour s’approprier la musique. Il est nerveux, instable, s’assoit puis se lève, va s’asseoir ailleurs, revient sur la contrebasse...
Il sortira deux fois de la pièce.
J’ai du mal à commencer à jouer, il m’interrompt en attrapant les cordes, la pique de l’instrument qu’il ramène systématiquement vers lui.
Puis il va s’asseoir sur un fauteuil et commence à vocaliser. D’une voix forte, présente et assurée. Je prends mon archet, je reproduis ce qu’il chante, notes et nuances. Il ira jusqu'au fortissimo avec une force et un lyrisme étonnants. Glissendi, ponctuations rythmiques, modulations, sa panoplie vocale est très diversifiée et d’une grande expressivité.
Il se tord le poignet par instants, cherche à se faire mal pour ponctuer la souffrance qu’il ressent. Cette attitude est familière chez lui. Malgré le plaisir que l’acte musical lui procure, et dont il est aujourd’hui pour la première fois le maître et le chef d’orchestre, il est à fond dans la communication avec moi, ce qu’il a du mal à supporter.
Je confierai à Jacky lors de la promenade, que durant ces instants, pas une seule note est à mettre à mon actif. Je n’ai joué que la musique de Stan. Et elle est très belle...
Je n’aurais jamais imaginé qu’il se donnerait autant, si soudainement.
Cette séance est d’une intensité jamais atteinte je pense. Je le calme en fin d’intervention, en reprenant la main, tonalité de sol mineur, mélodique et très doux.
Stan a des capacités d’apprentissage surprenantes, contrebalancées par son autisme très encré et très lourd. Une bonne gestion de cet antagonisme, me semble la voix pour amener ce garçon vers un mieux-être. Poser des cadres précis et rassurants, agir par nouvelles propositions à l’intérieur de ces cadres. Et Stan progresse.
Les perspectives d’évolution me paraissent aujourd’hui très larges.

• Onzième séance.
Depuis la réunion que nous avons eue avec la famille et l’équipe éducative, samedi dernier, Stan est nerveux, donne volontiers des coups de pied.
C’est une période d’agressivité et d’instabilité qui revient de façon cyclique.
Durant toute la séance, il veut prendre le pouvoir, conforté peut-être par la séance de la semaine dernière où il s’est exprimé de façon ostentatoire.
Nous devons le contrôler à tout instant. Il accepte bien certains fragments musicaux par courts instants mais sans réelle concentration.
Attitude en dents de scie par rapport à la semaine dernière qui ne me surprend pas.

• Douzième séance
Stan est beaucoup plus détendu, n’est plus agressif. Reste encore de l’instabilité et un manque de concentration.
Il acceptera de communiquer avec moi plusieurs courts instants, mais sortira souvent de la pièce.
La musique atonale par grands intervalles, certains passages pizz au tempo mode pentatonique réussiront par moments à retenir son attention. Je pense qu’il faudra encore un peu de temps pour retrouver une écoute et une participation réelles. J’ai porté les premières photos afin de réaliser des pictogrammes.
Jacky va commencer à le faire travailler sur ces images dans les prochains jours.

• Treizième séance
J’ai décidé de m’installer près de la porte, réservant la scène à Stan. Il ne pourra pas sortir à sa guise, et cela lui donne l’occasion de vivre le lieu et la musique différemment. Stan me sourit lorsque je lui explique la nouvelle disposition. Il est de bonne humeur ce matin.
Je commence à l’archet, en chromatismes descendants à partir du Mi 3 de la contrebasse. J’alterne avec voix et contrebasse, un peu de bongos, du pizz, et, nouveauté dans la pièce, un petit métalophone. A ma demande, Stan jouera quelques secondes avec, avant de le repousser. Il a prit contact avec ces petites nouveautés, cela semble lui plaire. La séance sera agréable, avec une participation de Stan intéressante.
A la fin de la promenade, il fera un bisou sur le front à Jacky.

• Quatorzième séance
J’ai repris ma position devant la porte comme la semaine dernière. Stan est calme, de plus en plus détendu depuis trois séances. Après quelques chromatismes descendants légers, j’entame à l’archet, une mélodie en la mixolydien, sur un tempo médium mais assez soutenu. Stan lève les yeux, à son regard, je comprends immédiatement que c’est exactement ce qu’il attend aujourd’hui. Il commence par marquer le tempo avec les épaules, puis se met à chanter, avec un plaisir évident. Chose inédite, nous aurons droit à quelques sauts libérateurs les bras tendus à la verticale. Jacky me dira qu’il n’avait jamais vu Stan s’exprimer ainsi. Enfin une participation totale de Stan dans la joie !
Jacky a adoré la musique que nous avons faite aujourd’hui. Moi aussi, Stan, nous pouvons être contents, nous avons été très bons !
A la promenade, nous observons que de plus en plus, Stan semble prendre acte de son corps. Il évite consciencieusement les flaques d’eau et la boue. Avant, il les traversait comme si son corps n’existait pas. L’expression de son visage, aussi, a beaucoup changé. Stan semblait la plupart du temps ne pas avoir de regard. Ses beaux yeux marron ont maintenant l’éclat de la vie. Il gagne aussi en indépendance, marche à son pas, et peut prendre plusieurs dizaines de mètres d’avance sans l’angoisse que nous ne soyons pas à sa portée immédiate. Il semble aller beaucoup mieux.